La Marche du Sexe – Causette

David est un parfait inconnu. Ou plutôt était un parfait inconnu. Une amie m’a donné son numéro. « Tu devrais l’interviewer pour Causette, c’est quelqu’un de solaire, de drôle, et de curieux. Il a des choses à dire, sur tes sujets ». Je le contacte, puis le rencontre, un jour, entre midi et deux, en bas de l’immeuble où il travaille, dans un quartier d’affaires d’une grande ville de province. Au milieu des costumes gris il apparaît, avec ses cheveux teintés en gris. Je sais juste qu’il a 26 ans, et qu’il est en couple avec un homme depuis 6 ans. Je suis un peu gênée par la situation : je m’apprête à poser des questions intimes à un étranger. Je lui parle du principe de mes interviews, et mentionne les marches des philosophes, comme Aristote, Kant, ou Rousseau. Il m’écoute avec un grand sourire et me répond que Steve Jobs aussi marchait beaucoup, qu’il organisait des réunions en marchant. « Il appelait ça des walk and talk. Souvent il organisait ça lorsqu’il rencontrait quelqu’un pour la première fois. Comme nous aujourd’hui !» Pas étonnant que David me parle de Steve Jobs : il est designer graphique, dans une entreprise digitale. Lors de notre marche, nous n’allons pourtant pas révolutionner, ensemble, le monde de l’informatique et du design. Mais il va être question de sexe joyeux et créatif.

Lire l’interview dans Causette daté d’avril 2018.

La Marche du Sexe – Causette

« Vous savez comme les gens sont beaux la nuit », dit Alexandre, le personnage de La Maman et la putain de Jean Eustache, joué par Jean-Pierre Léaud. Dorothée, 36 ans, est belle de jour comme de nuit. C’est une noctambule, un oiseau de nuit, qui pourtant a un travail diurne. Elle est directrice évènementielle. Qu’il soit midi ou minuit, elle porte le même « uniforme » : rouge à lèvres couleur carmin, eye-liner noir, tenues disco-eighties. On la croise, certains jours, plus « cernée » que d’autres. Ces jours-là, on devine qu’elle a usé le sol des dance-floors jusqu’à point d’heure. Le soir de notre « marche du sexe », il vente, il pleut, il fait extrêmement froid. Nous commençons quelques minutes à marcher dans la ville, mais grelottons. Nous décidons de nous réfugier, très rapidement, dans un bar. Au départ je suis déçue : le principe de la marche du sexe, c’est de marcher, pas d’être accoudées à un zinc ! Mais quand on discute avec Dorothée, il y a toujours du mouvement. Sa voix grave nous transporte dans une vie agitée, joyeuse, et curieuse. Je la suis au bout de sa nuit.

Lire l’interview dans le Causette daté de mars 2018.

La Marche du Sexe – Causette

« Toute ma vie, j’ai marché. En ville, à la campagne ou durant mes expéditions. Je mesure aujourd’hui ce que la marche m’a apporté sur tous les plans, physique, mental, affectif. J’ai toujours en mémoire les émotions que la marche, à la juste mesure du temps, avive » Dans son livre Dans mes pas, publié en octobre dernier, l’explorateur Jean-Louis Etienne explique comment la marche lui a permis de s’affirmer tout au long de sa vie et a fait de lui un homme libre. Je pense à ces mots-là quand j’ai rendez-vous avec Iris, par cette journée froide et ensoleillée, pour une balade dans un parc arboré. Car Iris est une passionnée de marche et de randonnée. Et une femme libre. A 39 ans, elle est chargée de communication, et mère de famille célibataire. Ses enfants ont 9 et 12 ans. Je connais un petit peu Iris car nous travaillons dans les mêmes locaux. Je la croise quasi quotidiennement depuis 2 ans, et je suis toujours impressionnée par son sourire, son énergie, sa joie de vivre communicative, et aussi je l’avoue, par sa silhouette sportive et son look à la fois cool et sexy. Etre à côté d’elle, lors de cette marche du sexe, m’a donné envie de marcher dans les pas d’une femme solaire et courageuse. »

Suite de l’article à lire dans le Causette de janvier 2018.